Création d’une carte des conflits environnementaux dans le monde

 

Porté par le programme européen EJOLT (Environmental Justice Organisations, Liabilities and Trade), un projet de création de carte des conflits environnementaux a été développé pendant trois ans par 23 universités et ONG de 18 pays. « Ce projet démontre que les conflits environnementaux sont en croissance autour du monde, explique Leah Temper, l’une des coordinatrices du projet et chercheuse à l’Institut des sciences de l’environnement et des technologies de l’université de Barcelone. Alors que la plupart des gens ne connaissent que certains cas médiatiques, cette carte montre que les impacts environnementaux font partie du fonctionnement normal de l’économie, et que l’extraction des ressources entraîne des coûts écologiques payés par les populations les plus marginalisées et les plus pauvres : les autochtones, et surtout les femmes et les enfants. »La carte n’est pas exhaustive, et le consortium de chercheurs et d’ONG cherche à doubler le nombre de conflits recensés d’ici la fin de l’année. Pour voir la carte des conflits : http://ejatlas.org/

Proposition de Loi en France relative au devoir de vigilance des sociétés mères et des entreprises donneuses d’ordre

 

La proposition de loi déposée en novembre 2013 par des députés français du groupe socialiste et écologiste sur le droit de vigilance des sociétés-mères et des entreprises donneuses d’ordre visant à les co-responsabiliser dans le cas de violation des droits humains ou de catastrophe environnementale commises par leurs filiales et sous-traitants, sera débattue début mai à l’Assemblée (agenda à confirmer). Les principales dispositions sont les suivantes :

« Art. L. 233-41. – I. – Dans le cadre de ses activités, de celles de ses filiales ou de celles de ses sous-traitants, toute entreprise a l’obligation de prévenir les dommages ou les risques avérés de dommages sanitaires ou environnementaux. Cette obligation s’applique aussi aux dommages résultant d’une atteinte aux droits fondamentaux.

« II. – La responsabilité de l’entreprise, dans les conditions ci-dessus définies, est engagée à moins qu’elle ne prouve qu’elle n’a pu, en dépit de sa vigilance et de ses efforts, prévenir le dommage en faisant cesser son risque ou en empêchant sa réalisation compte tenu du pouvoir et des moyens dont elle disposait. »

 

pour en savoir plus : le texte du projet de Loi http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion1524.asp

 

24 avril 2014 jour de commémoration de la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh

 

Le 24 avril 2013, un immeuble abritant plusieurs usines textiles s’est effondré au Bangladesh. 1134 personnes ont trouvé la mort. Des milliers d’autres se retrouvent handicapées à vie et incapables de travailler à nouveau. Les responsables de cette catastrophe ne sont à ce jour toujours pas identifiés. Les victimes ne sont pas indemnisées. Dans les décombres du Rana Plaza ont été retrouvées des étiquettes de grandes marques de vêtements européennes et françaises pour lesquelles travaillaient ces sous-traitants bangladais. Les donneurs d’ordre ont parfois nié leurs relations avec ces sous-traitants, preuve qu’ils ne contrôlaient pas pleinement leur chaîne de production. Un fonds d’aide aux victimes devant atteindre 40 millions de dollars a été créé. Ce fonds qui doit être alimenté en particulier par les grandes entreprises donneuses d’ordre atteint aujourd’hui à peine la moitié, certaines en effet rechignant à reconnaître leur responsabilité. 14 entreprises ont alimenté ce fonds dont une seule française (Camaieu).

Au-delà de la catastrophe du Rana Plaza, les exemples de non maitrise par les entreprises donneuses d’ordre de leur chaîne de sous-traitance sont nombreux. Certains secteurs sont particulièrement concernés, comme le secteur extractif qui serait à lui seul responsable de 28 % des atteintes aux droits humains commises par les entreprises selon le professeur John Ruggie, ancien représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour les droits de l’Homme et les entreprises transnationales (extraits du projet de Loi relatif au devoir de vigilance des entreprises donneuses d’ordre)

Gender at work :Une étude de la Banque mondiale se penche sur le travail des femmes

 

« À presque tous les égards, et quasiment sur toute la planète, l’exclusion économique frappe davantage les femmes que les hommes. Les tendances qui en ressortent indiquent que, ces trente dernières années, la participation des femmes à la population active a stagné dans le monde (elle est passée de 57 à 55 %), et ce, malgré l’accumulation de données démontrant que les emplois féminins sont profitables à la fois pour les femmes, pour les familles, pour les entreprises et pour les communautés. »

Cette citation est extraite d’une étude de la Banque mondiale publiée fin février 2014 et intitulée Gender at Work: A Companion to the World Development Report on Jobs. Principale conclusion de ce rapport : les femmes restent confrontées, dans le monde du travail, à de très fortes inégalités par rapport aux hommes. La Banque mondiale préconise des mesures audacieuses et novatrices pour permettre aux femmes de participer à l’économie sur un pied d’égalité et de libérer leur potentiel économique.

« Les raisons précises qui expliquent cette situation varient d’un pays à l’autre, mais nous pensons que la persistance de normes sociales qui limitent les choix des femmes en matière de moyens de subsistance ainsi que les freins juridiques au travail féminin constituent deux facteurs primordiaux », souligne Jeni Klugman, directrice du secteur Genre et développement au sein du Groupe de la Banque mondiale. « Les femmes pauvres, en particulier, sont susceptibles d’être confrontées à des obstacles multiples et qui viennent se superposer les uns aux autres. En leur offrant la possibilité de participer à l’économie sur un pied d’égalité et en libérant leur potentiel économique, on pourrait changer la donne dans la lutte contre l’extrême pauvreté. »

Pour remédier à ces inégalités, le rapport recommande que les pouvoirs publics ciblent des mesures qui couvrent toute la vie d’une femme ; en d’autres termes, les interventions qui se concentrent seulement sur la vie productive des femmes commencent trop tard et s’arrêtent trop tôt. « Avant tout, il faut encourager les compétences et les aspirations des garçons et des filles de la même manière dès le plus jeune âge, de sorte que cette vision des choses les accompagne suffisamment longtemps pour qu’eux-mêmes et les générations à venir bénéficient d’un monde plus équitable et plus prospère », conclut Jeni Klugman.

10 points clés sont mis en avant par la Banque mondiale :

  1. La participation des femmes à la population active stagne dans le monde, et elle a même légèrement diminué, passant de 57 % en 1990 à 55 % en 2012.
  2. En moyenne, les femmes qui travaillent ont des revenus inférieurs de 10 à 30 % à ceux des hommes.
  3. Par rapport aux hommes, les femmes ont moitié moins de chances d’obtenir un emploi salarié à plein temps auprès d’un employeur.
  4. Seuls cinq des 114 pays pour lesquels des données sont disponibles ont atteint ou dépassé la parité hommes-femmes au niveau parlementaire ou à des postes de direction dans l’administration ou le secteur privé : Colombie, Fidji, Jamaïque, Lesotho et Philippines.
  5. Les femmes consacrent au moins deux fois plus de temps que les hommes aux tâches domestiques non rémunérées comme s’occuper des enfants, faire la cuisine, le ménage, etc.
  6. 128 pays possèdent au moins une loi discriminatoire en matière d’égalité hommes-femmes (ce qui signifie qu’hommes et femmes ne peuvent pas évoluer dans les mêmes conditions au sein du monde du travail). Dans 54 pays, les femmes sont confrontées à cinq lois discriminatoires ou plus.
  7. Pour l’ensemble des pays en développement, la proportion de femmes possédant un compte dans une institution financière officielle est inférieure de 9 points de pourcentage à celle des hommes.
  8. Plus d’une femme sur trois dans le monde a été victime de violences physiques ou sexuelles (y compris de la part de son compagnon).
  9. Entre 2010 et 2012, 42 pays ont fait état d’écarts supérieurs à 10 % entre le taux de scolarisation des filles au cycle secondaire et celui des garçons.

Dans les pays en développement, une fille sur trois est mariée avant ses 18 ans.[1]



[1] Egalité Homme-Femme : une étude de la Banque mondiale se penche sur le travail des femmes – Pour en savoir plus :

-        http://www.banquemondiale.org/fr/topic/gender/publication/gender-at-work-companion-report-to-world-development-report-2013-jobs

-        http://www.worldbank.org/content/dam/Worldbank/document/Gender/GenderAtWork_web.pdf

L’accès à l’énergie dans les pays africains: un projet d’évaluation

 

Le projet Africa Express, conduit par Jérémy Debreu et Claire Guibert, a été financé conjointement par la Fondation Schneider Electric et EDF, avec le partenariat de la Banque Africaine de Développement. Il s’agit d’un tour d’Afrique en train au départ de Paris, via Tanger, Le Cap puis Le Caire. Durant ce voyage, 25 projets d’énergies renouvelables ont été étudiés, et un documentaire vidéo témoignera de cette mission de 8 mois.

L’objectif de la Mission est de mettre en avant les initiatives positives qui existent sur ce continent, à travers l’étude sur le terrain de projets d’énergie durable. Cette étude vise à identifier les bonnes pratiques réplicables, les facteurs-clés de succès en terme de technologie, de gouvernance, de business-models…[1]



[1] Africa Express – Pour en savoir plus :

-        http://africaexpress.org/

Un citoyen chinois poursuit le Gouvernement pour cause de pollution

 

Li GUIXIN, habitant de Shijiazhuang à 200km de Pékin, a déposé plainte auprès de la cour fédérale, demandant au bureau de la protection de l’environnement de « remplir ses obligations et de contrôler la pollution de l’air, comme le veut la loi ».

M. Li demande aussi une compensation pour la pollution « étouffante » qui a touché Shijiazhuang, comme la plupart du nord du pays cet hiver. « La raison pour laquelle je propose des compensations, détaille-t-il au journal, c’est pour que les citoyens se rendent compte qu’au milieu de ce brouillard, nous sommes les vraies victimes. » Il explique avoir engagé plusieurs dépenses, notamment en achetant des masques pour se protéger de la pollution et un tapis de course pour faire de l’exercice en intérieur. « En plus des menaces sur notre santé que cela implique, nous avons aussi souffert de pertes économiques, et ces pertes devraient être à la charge du gouvernement », puisque le gouvernement en profite à travers son système de taxe, précise M. Li.

Selon une étude de la Banque Mondiale, la pollution extérieure serait à l’origine de 400 000 morts par an en Chine. Un chiffre proche de celui de l’Union Européenne, selon une étude de la Commission Européenne. En février, certaines grandes villes chinoises ont connu une pollution locale proche des niveaux records, le phénomène – surnommé Airpocalypse – provient d’une activité accrue des centrales à charbon en hiver et de l’utilisation massives de véhicules personnels, combinée à une absence de vent et de précipitations. Selon l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, la densité de particules de 2,5 microns de diamètre, les plus nocives, a dépassé ces derniers jours les 400 microgrammes par mètre cube dans la capitale. Un niveau seize fois plus élevé que le plafond de 25 microgrammes préconisé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour une exposition de vingt-quatre heures.

EN SAVOIR PLUS  http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/02/25/en-chine-un-citoyen-s-en-prend-au-gouvernement-pour-faire-baisser-la-pollution_4373260_3216.html

 

 

L’accès à l’énergie parmi les objectifs de Développement Durable (SDG) qui prendront après 2015 le relais des objectifs du Millénaire

 

L’énergie fera l’objet d’un indicateur dédié parmi les Objectifs de Développement Durable (SDG) qui remplaceront les MDG après 2015. Lors de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable de Johannesburg en 2002, les pays membres avaient fixés 8 MDG et plusieurs indicateurs pour renforcer l’action internationale en soutien de l’aide au développement des pays les moins avancés (éducation, santé, alimentation…). L’énergie, pourtant un levier central du développement de populations, n’avait pas fait l’objet d’un objectif précis.

Lors de la Conférence de Rio+20 en juin 2012, la communauté internationale s’est accordée pour donner un second souffle à l’aide au développement en établissant de nouveaux indicateurs : les Objectifs de Développement Durable. Il s’agit de 10 objectifs incorporant chacun trois indicateurs chiffrés. L’énergie aura un indicateur dédié :

Objectif 8 – Incurver le changement climatique anthropique et assurer un approvisionnement énergétique durable :

-        Cible 8.a : Décarboniser le mix énergétique, assurer l’accès à l’énergie pour tous, et améliorer l’efficacité énergétique avec des cibles à l’horizon 2020, 2030 et 2050.

-        Cible 8.b : Réduire les émissions de GES non-liées à l’énergie par l’amélioration des pratiques agricoles, la gestion des forêts, des déchets et l’industrie.

-        Cible 8.c : Mettre en place des incitations, notamment imposer un prix sur les émissions de carbone, pour maîtriser le changement climatique et promouvoir les transferts de technologies dans les pays en développement.

Le projet d’accord sur les SDG a été publié en février par le Sustainable Development Solutions Network, une initiative des Nations Unies.[1]

 



[1] Objectifs de Développement Durable : un indicateur pour l’accès à l’énergie – Pour en savoir plus :

-        http://www.un.org/fr/millenniumgoals/beyond2015.shtml

-        http://unsdsn.org/news/2014/02/14/public-consultation-on-indicators-for-sustainable-development/