Débuts contrastés pour le Fonds vert pour le Climat

Le Fonds Vert pour le Climat peine toujours à émerger comme l’instrument de référence du financement des investissements réducteurs d’émissions.
Ce fonds multilatéral institué par les accords de Copenhague puis Cancun entend centraliser les financements de l’adaptation et la réduction des émissions au sein des pays en développement. Un projet ambitieux pour lequel les pays développés se sont engagés à débloquer quelque 100 milliards d’euros d’ici à 2020, dont une partie importante devrait transiter via ce nouveau fonds. Après plusieurs années de mise en route, la première capitalisation du Fonds vert semble maintenant en passe d’aboutir avant la fin de l’année 2014. Avec un premier objectif de 15 milliards d’euros sur trois ans, fixé par le conseil d’administration du Fonds vert.
Angela Merkel a annoncé début juillet que l’Allemagne contribuerait à hauteur de 750 millions d’euros dans le Fonds. Le Royaume-Uni et la Norvège devraient révéler leur contribution sous peu. Parmi les donateurs figurent la France, les États-Unis, le Canada ou encore le Japon. Certains pays du Sud ont également manifesté leur intention de mettre la main à la poche. « Le Mexique, l’Afrique du Sud ou la Corée du Sud ont annoncé leur intention de contribuer au Fonds vert » explique Alix Mazounie. Mais pour l’heure, les promesses restent vagues de la part des autorités. Si la France s’est engagée à participer à la capitalisation, elle n’a pour l’instant donné aucune précision sur les montants ou les modalités de participation. « La France apportera sa contribution et appelle ses partenaires à faire de même » affirme le gouvernement. De leur côté, les ONG espèrent une participation à hauteur d’un milliard d’euros sur trois ans, un montant « raisonnable » selon Alix Mazounie.
Mais la capacité française à mobiliser une enveloppe de 360 millions par an dans un contexte de baisse régulière de son aide publique au développement et de rigueur budgétaire n’est pas acquise. Le financement de la quote-part française au Fonds vert doit être assuré par les financements innovants, comme la taxe sur les billets d’avion, mais surtout la taxe sur les transactions financières, selon projet de loi de finance 2014. Problème, la taxe sur les transactions financières française ne rapporte pas autant que prévu. Alors que le gouvernement tablait initialement sur 1,6 milliard d’euros, la taxe n’a rapporté que 700 millions d’euros entre août 2012 et août 2013, et devrait rapporter environ 800 millions sur la période suivante. Un manque à gagner que le gouvernement a tenté de compenser en augmentant l’affectation du produit de la taxe à la solidarité internationale, passée de 10 % à 15 % entre 2013 et 2014.
D’autres économies majeures devraient annoncer leur engagement respectif dans le Fonds Vert pour le Climat d’ici le Sommet des Nations Unies à New York le 23 septembre prochain.
En revanche, la Commission Européenne a annoncé ne pas vouloir contribuer au Fonds car n’étant pas autorisée à siéger au Comité de direction (GCF Board). La Commission refuse de contribuer au mécanisme de financement multilatéral si elle n’a pas accès au processus de décision.
La Chine, le Brésil et l’Inde semblent eux-aussi peu enclins à s’engager en attendant de voir le niveau d’engagement des pays développés dans le Fonds Vert pour le climat. La participation très attendue des grandes économies émergentes telles que la Chine ou l’Inde reste en suspens, sur fond de désaccord entre les pays du nord et du sud, qui se partagent la gouvernance du fonds.

Pour en savoir plus :
- http://www.rtcc.org/2014/07/11/eu-blames-moscow-for-green-climate-fund-cash-freeze/
- http://www.actu-environnement.com/ae/news/commission-europeenne-fonds-vert-climat-22228.php4#xtor=EPR-1

Une hausse des inégalités en France selon l’Insee

En 2011, 14,3 % des Français vivaient au-dessous du seuil de pauvreté (niveau de vie est inférieur à 60% du niveau de vie médian de l’ensemble de la population, soit 978 euros par mois en 2011), contre 13 % en 2008, souligne l’Insee dans une étude rendue publique le 2 juillet, intitulée « Les revenus et le patrimoine des ménages », qui porte sur l’année 2011.
Au regard des autres pays de l’Union européenne, la situation de la France semble plutôt favorable. Avec un taux de pauvreté de 14,3 %, contre 17 % pour la moyenne des pays de l’Union européenne, l’hexagone se positionne devant le Royaume-Uni et au même rang que la Suède. Néanmoins, les variations du taux de pauvreté nuancent ce constat. La France est en effet à la deuxième place, derrière l’Espagne, pour son augmentation entre 2010 et 2011.
Selon l’INSEE, les chômeurs ont contribué pour près de moitié à l’augmentation du taux de pauvreté cette année-là. L’autre catégorie la plus touchée est celle des salariés. Ainsi, la part des chômeurs en-dessous du seuil de pauvreté a augmenté de 3,1 points entre 2010 et 2011, tandis qu’elle progressait de 0,6 point chez les personnes ayant un emploi, passant de 6,3% à 6,9% de la population salariée. Bien que cette tendance soit observée ailleurs en Europe – notamment en Italie, en Espagne et en Grèce – l’INSEE souligne : « Une telle hausse du taux de personnes pauvres parmi les salariés n’avait pas été enregistrée depuis 2007 ».

Source : Eurostat, EU-SILC.
Pour autant, la hausse du taux de pauvreté ne reflète pas tant une entrée plus fréquente des personnes dans la précarité, que le faible nombre de personnes réussissant à en sortir, notamment depuis la crise économique de 2008. Si entre 2004 et 2005, 42% des personnes pauvres s’en étaient extirpées, la proportion est tombée à 35% entre 2009 et 2010. Ainsi en 2010, 34% des personnes pauvres sont sorties de la pauvreté, 66% y sont restées et 6% des personnes non pauvres y sont entrées.
Entre 2010 et 2011, le niveau de vie médian des Français est donc resté constant, équivalent à 1 630 € par mois pour une personne seule. Cette stabilité masque cependant le creusement des inégalités entre les 10 % des Français les plus riches et les 10 % les plus pauvres. En effet, ces derniers voient leur revenu disponible – après impôts directs – diminuer de 0,8 %, tandis qu’il progresse de 2,2 % chez les plus fortunés. Ainsi, les personnes les plus aisées en 2011 avaient un niveau de vie 3,6 fois plus élevé que celui des plus modestes : un écart en forte hausse selon l’Insee, synonyme d’accroissement des inégalités.

pour en savoir plus:
Une hausse des inégalités en France selon l’Insee – Extrait de :
- http://bopobs.com/2014/07/04/hausse-inegalites-france/ http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?reg_id=0&id=4314

Union Européenne : le marché du carbone finance ses premiers projets renouvelables

Pour la première fois, la vente des quotas de carbone va permettre de financer des projets contre le changement climatique. La Commission européenne a annoncé mardi 8 juillet avoir sélectionné 19 projets dans 12 pays de l’UE, qui vont se répartir un milliard d’euros, provenant de la vente de quotas de carbone. Ces projets ont pour but de lutter contre le changement climatique.
Crée en 2005, le marché du carbone européen vise à plafonner les émissions de CO2 de 12000 sites industriels. Après avoir alloué les quotas gratuitement, les Etats ont été autorisés à mettre aux enchères une partie des quotas destinés aux entreprises depuis 2012. L’effondrement des prix du carbone en raison d’une surabondance de quotas a néanmoins incité la Commission à retirer des quotas du marché pour tenter de ranimer les prix – la tonne de CO2 est actuellement proche de 5 euros par tonne, contre 30 euros en 2008.
L’enveloppe s’inscrit dans le cadre du deuxième appel à projets du programme NER300 qui vise à capturer et stocker le carbone en toute sécurité. Ces projets seront financés à la fois par la vente de quotas d’émission de carbone du système d’échange de quotas d’émission de l’Union européenne (UE) et les fonds non dépensés lors du premier appel à projet. Le programme NER300 est financé grâce au produit de la vente de 300 millions de quotas d’émission provenant de la réserve destinée aux nouveaux entrants. Il se consacre au captage et le stockage de CO2 comme aux énergies renouvelables. Ainsi « les pollueurs deviennent l’élément moteur du développement de nouvelles initiatives en faveur de la réduction des émissions de CO2 », a déclaré la Commission Européenne.
La sélection des 19 projets s’est faite à la suite d’un processus de sélection rigoureux. De leur côté, les États membres ont réalisé un test d’admissibilité. Puis les demandes ont été soumises à la Banque européenne d’investissement qui a effectué une évaluation technique et financière approfondie des propositions de projets. En parallèle, la Commission européenne a effectué la vérification de l’éligibilité des propositions. La Commission européenne a adopté sa décision de financement, le 4 Juillet 2014, après avis favorable du comité des changements climatiques.
Parmi les 19 projets sélectionnés, deux d’entre eux ont vu le jour dans l’hexagone. Le projet « Nemo » porté par l’entreprise Akuo Energy, qui produit de l’énergie renouvelable. L’objectif de ce projet est de capter l’énergie thermique des mers. Il bénéficiera alors d’une aide de 72 millions d’euros. La Commission européenne a également décidé de retenir le projet franco-allemand « Geostras », de l’entreprise Fonroche et concerne la géothermie profonde. Le montant de l’aide attribuée pour ce projet s’élève à 17 millions d’euros. Il s’agit du premier projet transfrontière au titre de NER 300.
Les techniques concernées vont de l’énergie photovoltaïque au captage et stockage de carbone, en passant par, les réseaux intelligents, l’énergie océanique, l’énergie géothermique ou encore l’énergie solaire à concentration. La Commissaire européenne Connie Hedegaard en charge de l’action pour le climat s’est félicitée de cette annonce. « L’enveloppe de 1 milliard d’euros que nous octroyons aujourd’hui aura pour effet d’attirer quelque 900 millions d’euros supplémentaires au titre de l’investissement privé, ce qui portera à près de 2 milliards d’euros le montant des investissements dans les technologies respectueuses en Europe. ». Pour la Commissaire, cela permettra également de diminuer la facture énergétique que l’Europe paie chaque jour pour ses importations de combustibles fossiles qui s’élève à plus de 1 milliard d’euros.
Selon la Commission européenne, les projets permettront d’accroître de près de huit térawattheures la production annuelle d’énergie renouvelable de l’UE, ce qui correspond à la consommation électrique annuelle de Chypre et Malte réunis.