Quatre ONG détaillent leurs attentes pour le futur accord mondial sur le climat

Greenpeace, le WWF, Catholic aid ou encore Green Alliance pensent qu’il existe de réelles chances de voir aboutir un accord mondial sur le climat lors de la Conférence de Paris en 2015, suite aux prises de positions récentes des Etats-Unis et de la Chine sur leurs engagements de réductions d’émissions.
Cette coalition d’ONG a publié un rapport détaillant les modalités d’un accord climatique qui serait considéré comme satisfaisant.
Le rapport suggère notamment que les pays adoptent des engagements de réductions d’émissions progressifs vers 2050 et au-delà. Il est également nécessaire d’implémenter une cadre légal fort, une méthode de comptabilité adoptée par tous, davantage de financements publics pour le climat ainsi que de conserver une place importante à l’équité entre les pays développés et les pays en développement.

Pour en savoir plus :
- http://www.green-alliance.org.uk/resources/Paris%202015-getting%20a%20global%20agreement%20on%20climate%20change.pdf
- http://www.rtcc.org/2014/09/08/ngos-optimistic-for-chances-of-a-climate-deal/

Mécénat de compétences: pour les entreprises, d’abord un moyen d’impliquer les salariés

Admical et Prono Bono Lab, deux associations spécialistes du mécénat, ont publié une étude qui décrypte les tendances du mécénat de compétences en France, le 4 septembre 2014. Première enquête dédiée exclusivement à cette pratique, elle confirme un certain dynamisme. En effet, sur 98 entreprises interrogées les deux tiers ont indiqué faire du mécénat de compétences.
Cette forme de philanthropie consiste, pour une entreprise, à mettre un salarié volontaire à disposition d’une association, de manière ponctuelle ou régulière. Il met ainsi son savoir-faire, professionnel ou non, au profit d’un projet d’intérêt général.
En 2014, le mécénat de compétences concerne 15% des entreprises mécènes en France, selon une étude Admical. Cette nouvelle enquête nous en apprend un peu plus sur leurs motivations. Pour 45% des entreprises concernées, le mécénat de compétences est un excellent moyen de « fédérer » et d’ »impliquer » ses salariés; 34% ont expliqué qu’il s’agit d’abord de soutenir des associations; 7% pensent que cette pratique permet de renforcer leur « ancrage territorial »; 3% osent affirmer que c’est une façon de promouvoir leur image; et 2% que cela améliore les compétences de leurs collaborateurs.
Plus d’un tiers des entreprises interrogées (36%) qui ne pratiquent pas le mécénat de compétences disent vouloir s’y mettre au cours des trois prochaines années. Comme l’association Pro Bono Lab, des moyens se développent pour mettre en relation associations et entreprises.

pour en savoir plus: http://85.31.208.126/admicalCMS/_admin/docUsers/documents/Communiques/Enquete_Mecenat_de_competences_Admical_ProBonoLab.pdf

http://www.youphil.com/fr/article/07217-mecenat-competences-pro-bono

Pauvreté en France : moins nombreux mais plus précaires

Le taux de pauvreté en France a légèrement diminué en 2012 par rapport à l’année 2011, rapporte l’Insee dans sa dernière étude sur le niveau de vie du 9 septembre 2014. Plus de 8,5 millions de Français (13,9% de la population) vivaient ainsi sous le seuil de pauvreté (987 euros par mois) en 2012, contre un peu plus de 8,7 millions un an auparavant, selon un précédent rapport de l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale (ONPES).
Aucune raison de se réjouir pour autant. L’Insee précise que dans le même temps « l’intensité » de la pauvreté a fortement augmenté. En effet, le niveau de vie moyen a dégringolé chez les personnes les plus pauvres. Ainsi, la moitié des personnes dont les revenus se situaient en-dessous du seuil de pauvreté vivaient avec moins de 784 euros par mois (contre 806 euros en 2011). L’institut de la statistique précise qu’il s’agit du niveau le plus bas jamais enregistré depuis 2006. Aux deux extrémités de la courbe, les 10% de personnes les plus aisées ont vu leur niveau de vie chuter de 2%, contre une baisse de 1,2% pour les 10% les plus pauvres.
Sur l’ensemble de la population, le niveau de vie médian a baissé de 1% en 2012, pour s’établir à 19.740 euros par an.
Entre 2011 et 2012, on constate une légère amélioration du niveau de vie des retraités et plus globalement des personnes de plus de 65 ans. À l’inverse, les étudiants et les familles monoparentales ont vu leur taux de pauvreté augmenter entre 2011 et 2012: il est passé de 18,9% à 19,1% pour les étudiants, et a fait un bond de 20,6% à 22,3% pour les familles monoparentales.

pour en savoir plus: http://www.insee.fr/fr/themes/document.asp?ref_id=ip1513

Intervention de Bernard Saincy au Forum Convergences 9 septembre 2014 Paris

Intervention de Bernard Saincy, Président Fondateur d’Innovation Sociale Conseil au Forum Convergences à Paris le 9 septembre 2014

Table ronde: « Partenariats pour changer d’échelle: quels modèles économiques pour développer l’innovation sociale? »

Participants à la table ronde: Philippe AZIZ, Directeur des activités sociales AG2R-LA MONDIALE ; Emmanuel De LUTZEL, Chargé de mission social business BNP Paribas ; Bernard Devert, Président fondateur Habitat & Humanisme ; Hanalia FERHAN, directrice ACTED Yemen ; Florence GILBERT, Directrice générale Wimoov ; Sylvain WASSERMAN, Co-Président UNIS-Cité ; Bernard SAINCY, Président-fondateur Innovation Sociale Conseil

Deux questions du modérateur, Charles-Benoît HEIDSIECK, Le RAMEAU, à Bernard Saincy

(Prise de notes à partir de l’intervention orale)

1/ Vous définissez souvent les modèles hybrides comme des modèles visant à réduire « la double peine » qui touchent les populations défavorisées. Pouvez-vous nous en dire plus ?

Oui la résolution de la double peine, la « poverty penalty » pour reprendre l’expression anglaise, c’est à dire le fait que les populations pauvres paient plus chers les produits et les services est à la base des modèles économiques hybrides. Je considère que c’est un marqueur de ces modèles. Il en existe un autre tout aussi important : la contribution à la réduction des inégalités environnementales qui font que les populations les plus pauvres subissent des conditions environnementales plus dégradées que le reste des populations. Ce sont ces deux marqueurs quant à la finalité des projets qui permettent de différencier un modèle économique hybride d’un modèle classique.

Le modèle économique hybride n’est pas un modèle médian entre le modèle subventionné public et privé (insuffisant en terme de montant, surtout en temps de crise et peu pérenne car insuffisamment approprié par les populations) et le modèle de marché qui est inadapté aux populations les plus pauvres (le marché a un coût élevé et les populations pauvres sont trop pauvres pour assumer les coûts de transaction associés à la création d’un marché).

Le modèle économique hybride c’est une façon de repenser l’approche de la grande pauvreté :
1. de repenser complétement le marketing : il ne s’agit pas d’adapter un produit, un service ou même un circuit de distribution existant. Il s’agit d’innover en repartant d’une analyse fine des besoins et des attentes, d’une analyse des capacités financières des populations (elles existent) et d’une analyse des « capacités » (les capabilities pour reprendre un terme d’Armatya Sen) des populations notamment en terme d’engagement, de co création et d’appropriation du modèle.
2. de réarticuler les sources de financement en fonction des stades de développement des projets (conception, expérimentation, modélisation, essaimage et finalement industrialisation) : mobiliser les subventions privées ou publiques, plutôt en début de projet et les investissements privés (selon diverses modalités et notamment ce que l’on appelle les financements innovants) plutôt en phase d’essaimage et d’industrialisation. Enfin, fonder le modèle sur le revenu d’activité qui est le fil rouge du projet et qui va prendre une place croissante en fonction des stades du projet jusqu’à être prédominant en phase d’industrialisation.

C’est par ce revenu d’activité que j’en reviens à la double peine.

Pour être viable, le projet va devoir proposer des produits ou des services mieux adaptés, moins chers et de meilleure qualité que ceux auxquels ont accès les populations pauvres. « On ne vend pas aux pauvres » n’importe quoi à n’importe quel prix, on conçoit avec eux un mieux être fondé sur un bénéfice réel.

Prenons un exemple dans le domaine de l’énergie : il s’agit de remplacer une énergie chère et de mauvaise qualité à base de kérosène souvent ou de bougies par des systèmes modernes comme les micro réseaux à base de production hydraulique ou des systèmes solaires individuels et cela pour un coût inférieur.

2/ Lorsque vous parlez des modèles économiques hybrides, vous faites souvent la différence entre les projets à l’international et projets en France et également entre les projets de services et de biens de consommation. Pourquoi ?

Mon expérience est que ces projets en France ou à l’étranger se conçoivent différemment même si dans les 2 cas on peut les qualifier de modèles économiques hybrides.

Pour 2 raisons :

- la première est totalement évidente : les niveaux de développement sont très différents et les mobilisations financières potentielles aussi.

- la seconde tient aux niveaux différents d’organisation sociale. Dans les pays les moins avancés, par exemple on souffre encore (même si cela progresse) de l’absence d’un système bancaire solide ce qui ne facilite pas l’accès au crédit. De même, les systèmes de protection sociale sont quasi inexistants et les structures d’éducation souvent défaillantes. Les projets vont donc être pensés ex nihilo même s’ils peuvent s’intégrer aux schémas de développement des pays (qui prennent aujourd’hui de la consistance) et s’appuyer sur des exemples souvent portés par des ONG ou des organismes de financement nationaux ou internationaux. Dans les pays développés les programmes de social business vont être très différents. Il va falloir innover en jonglant avec des systèmes existants. Et placer l’innovation dans le domaine public ou au sein d’institutions ou de quasi institutions comme sont les entreprises par exemple en développant l’intrapreneuriat social. Dans ce dernier cas, la viabilité du projet ne va pas seulement être financière mais va intégrer des éléments extra financiers propres à l’entreprise : en terme de recherche de sens, de cohésion sociale interne, de retour à des processus innovants au sein même d’entreprises. Dans l’énergie par exemple la lutte contre la précarité énergétique va s’appuyer sur un certain nombre de dispositifs existants par exemple les bailleurs sociaux, les PLAI (prêts aux logements d’aide à l’insertion), les soutien des collectivités territoriales et des entreprises énergétiques…etc. ces dernières vont trouver une légitimité sociale en s’engageant dans ces projets et devenir des investisseurs. L’innovation va être principalement dans la ré-articulation des dispositifs et leur fléchage vers les populations les plus en difficulté.

La deuxième question tient à la différence entre les projets relatifs à des services essentiels ou a des biens de consommation. Je crois que cette différence est importante. C’est à la fois une question relative au rapport à la subvention publique, une question technique et une question politique.
Je ne crois pas une seconde à des projets importants dans les domaines d’infrastructures se développant sans subvention publique. Et éthiquement, pourquoi demander à des pays peu développé de trouver des solutions seulement privées quand les pays développés ont créé leurs infrastructures par subvention ?

La raison technique est qu’il peut y avoir du low cost dans les biens de consommation mais difficilement dans les services essentiels et tout particulièrement pour les services essentiels en réseau.

Ceci dit il faut dans la création de business social être très pragmatique car les passerelles entre biens de consommation et services essentiels en réseau se multiplient. Dans le domaine de l’électricité, bien typique de réseau, l’émergence des systèmes solaires individuels nous rapproche d’un bien de consommation. A l’inverse l’alimentation lorsque l’on est dans un circuit court (produit et consommé sur place) est un bien de consommation pur lorsque circule sur les territoires par camion ou même avion pour atteindre les marchés ne devient-elle pas un service de réseau…

Enfin une question politique distingue les modèles économiques hybrides lorsqu’ils concernent des biens de consommation ou des services essentiels, à fortiori lorsqu’ils sont des services en réseau. Il est possible d’arrêter un projet relatif à des biens de consommation notamment s’il n’est pas viable, il est par contre extrêmement difficile de la faire pour un service essentiel. La raison est simple : les populations qui ont bénéficié d’un service essentiel (accès à l’eau potable, à l’énergie, à la santé…) ne peuvent pas, et c’est tout à fait compréhensible, s’en voir dessaisi, ce qui serait une régression. Les pouvoirs publics locaux ne l’accepteront pas non plus. En conséquence le modèle économique hybride relatif aux services essentiels va dès son origine être construit pour qu’à une échéance fixée, le projet puisse être porté par les populations, les acteurs économiques et pouvoirs publics locaux uniquement. Les éventuels investissements ou subvention privées ont vocation à se retirer à l’issue d’un processus de viabilisation du projet hors leur présence. La possibilité pour un investisseur de se retirer à terme d’un projet est la condition du lancement du projet et doit se traduire dans le modèle et le plan d’affaires.

A propos de la CoP21

Vulnérabilités et résilience sont aussi les deux termes qui en cette rentrée 2014 caractérisent l’état des négociations internationales sur le climat. Du côté positif, on notera la décision de la Commission Européenne du 23 juillet de compléter le plan d’action de l’Union contre le changement climatique d’un objectif de 30% d’économies d’énergies supplémentaires d’ici 2030. Le paquet Climat 2030 est désormais complet avec 3 objectifs : une réduction de 40% des gaz à effet de serre, une part des énergies renouvelables portée à 27% de la consommation énergétique et donc 30% d’économies d’énergie. Ces objectifs remplacent les fameux 3 fois 20% (pratiquement atteints) que l’Union s’était fixée pour 2020. Il reste que le sommet des Etats membres devra décider (à l’unanimité) en octobre prochain si ces objectifs seront contraignants ou non… La décision de l’Union Européenne éclaircit donc un peu le ciel de la COP21 de 2015 même si d’autres pays s’acharnent à l’assombrir comme l’Australie qui sous l’impulsion de son climato-sceptique Premier Ministre vient de décider d’abroger sa taxe carbone.
Sur l’avenir de la COP21, les véritables échéances se situent en septembre notamment à l’occasion du sommet de New York qui donneront une première indication sur l’état d’esprit de la communauté internationale au regard des négociations climatiques.

Etude du GRET : Comment améliorer l’accès au marché pour les exploitations familiales en Afrique ?

Dans le cadre de l’Année internationale de l’agriculture familiale, le Gret (ONG française de développement, qui agit pour lutter contre la pauvreté et les inégalités), publie un guide sur Comment améliorer l’accès au marché pour les exploitations familiales en Afrique ? L’occasion de partager ses expériences et d’évaluer les enjeux que représente le développement des filières agricoles locales : amélioration de la sécurité alimentaire, création d’emplois et de revenus, approvisionnement des villes en produits de qualité, développement du commerce intra-régional.
La mondialisation, le manque de moyens et l’absence de structuration des filières locales en Afrique génèrent une production agricole insuffisante pour répondre à la demande croissante des consommateurs, de plus en plus exigeants sur la qualité et la diversification de leur alimentation. L’Afrique importe une partie de son alimentation car les produits sont moins chers et souvent de meilleure qualité. Du fait d’une faible protection des filières locales et du manque d’appuis publics, il est difficile pour les petits producteurs locaux d’émerger et de valoriser leur production sur le marché. Pour lutter contre l’isolement des petites exploitations familiales, le Gret développe des projets de soutien aux filières locales, de la production à la commercialisation en passant par la transformation. Objectif : améliorer l’accès aux marchés pour les exploitations familiales afin de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire, de lutte contre la pauvreté et d’approvisionnement des marchés urbains et ruraux.
L’ouvrage Améliorer l’accès au marché pour les exploitations familiales en Afrique fait état de l’expérience du Gret à travers ses axes prioritaires :
- Améliorer la régularité de l’offre de produits agricoles en réaménageant les marchés ruraux mal situés, non sécurisés et parfois sans voies d’accès. En Tanzanie, le Gret a mis en place des plates-formes d’échanges de produits agricoles qui dynamisent économiquement la région en attirant de nouveaux opérateurs. Le Gret accompagne l’organisation collective de la commercialisation et du stockage, permettant de faciliter les négociations et de mieux contrôler les produits pour stabiliser le marché.
- Développer la transformation à petite échelle et renforcer les capacités de producteurs en proposant des offres de services adaptées aux petites entreprises agroalimentaires et commerçants. Les acteurs concernés jouent un rôle majeur dans l’approvisionnement des villes africaines et ces services permettent de renforcer leurs compétences professionnelles.
- Améliorer la qualité des produits en mettant en place des normes, définies en concertation avec les acteurs publics et privés, et des guides de bonnes pratiques d’hygiène. La mise en place et la promotion de marques collectives (pomme de terre et riz de mangrove en Guinée) et d’indications géographiques (poivre de Penja) permettent de valoriser la qualité et l’origine des produits, facteurs déterminants pour l’achat.
- Structurer les filières en développant la concertation entre les acteurs pour aboutir à des politiques publiques plus favorables. Le renforcement des organisations de producteurs et la concertation permettent d’améliorer la qualité des produits, mais aussi de faciliter les processus de transformation et de mise sur le marché de manière plus efficace et équitable. L’émergence d’organisations professionnelles, pour défendre collectivement les intérêts, est essentielle.
- Accompagner l’émergence de politiques publiques agricoles et commerciales en faveur du développement des filières : formations, renforcement de capacités, animations de forums de discussion et d’échanges, assistance technique à des ministères. Le Gret réalise des études thématiques (commerce intra-régional, normes et labellisation, politiques des bailleurs de fonds) et a participé aux négociations des Accords de partenariat économique entre l’Union européenne et les régions africaines.

Pour en savoir plus:
L’étude du GRET : http://www.gret.org/wp-content/uploads/ETli41_integral.pdf

Cet article est adapté de :
- http://www.gret.org/2014/06/ameliorer-lacces-au-marche-pour-les-exploitations-familiales-en-afrique/

Etude : Economie du partage, enjeux et opportunités pour la transitions écologique

Une étude de l’IDDRI s’interroge sur le lien entre économie du partage et transition écologique. L’économie du partage est-elle un outil de la transition écologique ? L’objectif principal de ce rapport est d’analyser les espoirs environnementaux de l’économie du partage, prise dans sa diversité, et les conditions de leur réalisation.
Une économie du partage en plein renouvellement, porteuse de promesses de durabilité : revente, don, troc, location de court terme, emprunt : tous ces modèles – monétarisés ou non, entre particuliers ou par l’intermédiaire d’entreprises ou d’associations – peuvent permettre d’augmenter la durée d’usage de biens consommateurs de ressources. Ils construisent une véritable économie du partage qui se renouvelle sous l’essor des technologies numériques. Les biens « partageables » représentent environ un quart des dépenses des ménages et un tiers de leurs déchets, et si les modèles de partage étaient utilisés « au mieux », c’est jusqu’à 7 % du budget et 20 % des déchets des ménages qui pourraient être économisés.
De l’intuition environnementale aux conditions de sa réalisation : le bilan environnemental du partage dépend de plusieurs conditions très spécifiques aux modèles considérés. De manière générale on voit émerger les enjeux : de durabilité des produits partagés, la location permettant de réduire le nombre de biens à produire si le bien emprunté ne s’use pas beaucoup plus rapidement ; d’optimisation du transport des biens, amenés à être moins transportés sur longue distance mais plus sur courte distance ; des modes de consommation, les modèles de partage pouvant être le vecteur d’une consommation durable comme celui d’une hyperconsommation matérielle.
Faire de l’économie du partage une économie durable : les pouvoirs publics doivent construire un cadre économique et réglementaire favorable aux modèles vertueux. Les initiatives naissantes permettant d’explorer de nouvelles pistes peuvent être soutenues via : une visibilité accrue, des financements et incubateurs, l’adaptation de certaines réglementations. Les entrepreneurs du partage doivent analyser leur bilan environnemental pour ensuite l’améliorer. Ils sont les mieux placés pour élaborer des solutions concrètes et user de leur pouvoir d’influence sur la production des biens pour les éco-concevoir et les recycler. Les usagers ont un rôle exacerbé dans le cas des modèles en pair-à-pair. L’impact environnemental dépend beaucoup du comportement des utilisateurs, des valeurs qui les animent. Les motivations actuelles des usagers sont d’abord le pouvoir d’achat, même si les considérations environnementales ne sont pas absentes.

Pour en savoir plus: l’étude est disponible ici :

http://www.iddri.org/Publications/Collections/Analyses/ST0314_DD%20ASN_eco%20partage.pdf

Sommet États-Unis / Afrique : de nouveaux financements pour le secteur électrique africain

Du 4 au 6 août s’est tenu le Sommet États-Unis / Afrique visant à renforcer les liens économiques entre les deux partenaires commerciaux. L’objectif était de dépasser des échanges simplement humanitaires et d’installer des partenariats faisant sens « économiquement ».
Le Président des États-Unis Barack Obama a annoncé de nouveaux investissements à hauteur de 37 milliards de dollars lors de son allocution au Sommet, dont la plus grande partie en provenance du secteur privé. Le secteur énergétique africain a quant à lui reçu près de 14 milliards de dollars de promesses d’investissements en vue de renforcer l’initiative américaine Power Africa, lancée l’an dernier et qui rassemble l’effort de 12 agences nationales américaines et d’environ 40 entreprises privées envers le développement du secteur électrique africain.
Selon la Maison Blanche, cette nouvelle annonce porte la valeur des engagements de Power Africa à 26 milliards de dollars en investissements directs et garanties de financements. L’objectif initial de Power Africa était d’ajouter 10GW de nouvelles capacités électriques « propres » et de fournir un accès à l’électricité à 20 millions de ménages et commerces d’ici 2018.
Ce renforcement des financements est bienvenu car le programme n’échappe pas aux critiques. Certes, le modèle retenu est novateur, donnant au secteur public américain le rôle de sherpa du secteur privé : pour clarifier, arriver à une bonne estimation des risques, et aussi des solutions pour offrir des garanties partielles, des cautions pour les investissements engagés par les entreprises, le tout sur un nombre limité de pays.
Encore faut-il que ce concept fonctionne. « Des sites de centrales ont été identifiés, mais nous sommes loin du compte », estime Stephen Hayes. Il dirige le Corporate Council on Africa, l’organisme qui fédère les entreprises américaines présentes en Afrique. « Identifier des sites et finaliser des contrats sont deux choses différentes. Et même lorsque vous avez un contrat, il faudra du temps pour construire les centrales et les faire tourner. Donc j’aimerais voir plus de résultats pour la deuxième année. Les entreprises américaines ont essuyé les plâtres, elles sont allées en Afrique, mais les obstacles viennent surtout du financement, côté américain. Il est très difficile pour nos entreprises d’avoir des financements. »
En se restreignant à six pays (l’Éthiopie, le Ghana, le Kenya, le Liberia, le Nigéria et la Tanzanie) parmi lesquels aucun francophone, Power Africa a aussi fait des déçus. « Cette initiative ne va pas se limiter à ces pays, promet toutefois Makhtar Diop, le vice-président pour la région Afrique de la Banque mondiale. On ne veut exclure personne ».
Autre critique : la nature des centrales énergétiques financées. Car les concepteurs du projet ont favorisé les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse…) tout en écartant l’hydroélectricité – du fait des risques environnementaux. C’est ainsi que le projet du Grand Inga, en RD Congo – l’un des plus ambitieux du continent – est pour l’instant exclu du programme.
« C’est vrai qu’il y a un débat interne dans l’administration américaine sur l’hydroélectrique, explique Makhtar Diop. Pour moi, la question est simple : pourquoi faire une exception en Afrique ? Pourquoi alors que sur tous les continents, y compris aux États-Unis, on utilise cette énergie, on ne pourrait pas le faire en Afrique ? Mais je pense que des pans importants de l’administration américaine sont favorables à l’hydroélectrique, et même intéressés par Inga en particulier. »
Lors d’un petit déjeuner de presse, le 4 août, Jeffrey Immelt, le PDG de General Electric – qui a annoncé, pour sa part, 2 milliards de dollars d’investissements supplémentaires en Afrique d’ici à 2018 – a rappelé que son entreprise n’était pas présente dans le secteur hydroélectrique. Mais il n’a pas exclu que cela change, à l’avenir. Depuis le rachat de la branche énergie du groupe français Alstom – l’un des leaders sur ce segment – l’Américain a accès à de nouvelles technologies, qui pourraient être mises à contribution.
Outre Power Africa, d’autres financements à destination du secteur énergétique africain ont été annoncés ou réaffirmés lors du sommet :
- Standard Bank, la principale banque d’Afrique, et General Electric, ont réaffirmé leur engagement pour l’électrification en Afrique: les deux entités se sont déjà engagés à financer à hauteur de 350 millions de dollars pour améliorer le réseau africain. GE a annoncé un financement de 2 milliards additionnel pour l’amélioration des infrastructures ainsi que la mise en place d’un programme de formation en Afrique d’ici à 2018 ;
- Le groupe de private equity américain Blackstone et le magnat africain Aliko Dangote se sont engagés à hauteur de 5 milliards pour des projets d’infrastructures énergétiques dans toute l’Afrique subsaharienne ;
- La Banque Mondiale a promis 5 milliards de dollars additionnels aux 3,3 milliards déjà existants en soutien de l’initiative Power Africa ;
- Le Président Ghanéen John Dramani Mahama a signé un nouveau contrat de 498 millions de dollars avec la Millenium Challenge Corporation pour poursuivre l’amélioration du secteur électrique du Ghana et renforcer les investissements au cours de 5 prochaines années ;
- Le gouvernement de Suède a annoncé le financement de 1 milliard de dollars en soutien à Power Africa.

Pour en savoir plus :
- http://www.whitehouse.gov/the-press-office/2014/08/05/fact-sheet-powering-africa-increasing-access-power-sub-saharan-africa
- http://www.rfi.fr/ameriques/20140803-plan-power-africa-etats-unis-afrique-obama-energie-electricite-usaid-aide-cooperation/
- http://economie.jeuneafrique.com/entreprises/entreprises/energie/22752-power-africa-des-dizaines-de-milliards-de-dollars-et-des-critiques-persistantes.html

Quels éléments pour la constitution d’un futur accord climat en 2015 ?

Les deux Représentants officiels des Nations Unies pour les négociations climat affirment que le cadre d’un futur accord climatique en 2015 se dessine. Suite aux deux semaines de discussions à Bonn en juin, Artur Runge-Metzger et Kishan Kumarsingh, les deux co-Présidents des négociations affirment pouvoir arriver à un Document de négociation d’ici novembre prochain (Draft text for agreement).
Précisément, les Engagements nationaux (Intended Nationally Determined Contributions) pour un accord global et la définition de l’aide financière et de l’assistance technologique envers les pays en développement sont communément admises par l’ensemble des parties.
Les INDCs, définissant les contributions de chacun des pays à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, sont censées être remises par chacun des Etats avant mars 2015, pour parvenir à un accord lors de la COP-21 à Paris fin 2015.
L’Accord éventuel devra respecter le principe CBDR-RC (Common but differentiated responsibilities and respective capabilities) : les pays en développement demandent aux pays développés d’assumer la plus grande part de l’effort de réduction d’émissions au nom de leur responsabilité historique pour les émissions passées, ainsi que de la faible capacités des pays en développement à mobiliser des financements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre.
Les Etats-Unis, l’Union Européenne et les autres pays industrialisés souhaitent que les grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil…) s’engagent également dans des restrictions contraignantes de leurs émissions de gaz à effet de serre pour parvenir à un accord global en 2015.
La question des financements et des transferts de technologie des pays développés vers les pays en développement reste pour le moment vague et en suspens, empêchant toute possibilité d’avancée significative dans les négociations internationales entre ces deux groupes de pays.
La Représentante spéciale des Nations Unies pour le Climat, Mme Christiana Figueres souhaite un texte de base (draft text) prêt pour la COP-20 de Lima fin 2014 afin que les Etats commencent à négocier sur les aspects finaux d’un accord à Paris.

Pour en savoir plus:
- http://www.rtcc.org/2014/07/08/un-officials-say-there-is-greater-clarity-over-2015-climate-deal/#sthash.YaEXAe0e.dpuf
- http://unfccc.int/resource/docs/2014/adp2/eng/6nonpap.pdf