Vula Mobile : faciliter l’accès aux soins ophtalmologiques en Afrique du Sud

Une nouvelle application pour smartphone, Vula Mobile App, a été lancée en Afrique du Sud afin de pallier le manque de soins ophtalmologiques dans les communautés rurales. Le Dr William Mapham, un ophtalmologue sud-africain, est à l’origine de cette application qui permet aux agents de santé travaillant dans des milieux à faibles revenus de fournir de soins oculaires de qualité grâce à leurs smartphone.
Parmi les 39 millions d’aveugles dans le monde, 30 millions auraient pu ne pas l’être s’ils avaient eu accès à des soins ophtalmologiques basiques (opérations des cataractes, petites révisions, etc.). En effet, le Dr Mapham a constaté lorsqu’il travaillait au Swaziland combien il est difficile pour les habitants des zones rurales de se rendre chez un ophtalmologue. Non seulement les agents de la santé dans ces zones ne disposent pas d’une expertise suffisante, mais il y a aussi un problème de communication entre les hôpitaux et les petites cliniques, qui empêchent les patients d’avoir accès aux soins nécessaires.
Pour faire face à ces problèmes, Vula Mobile vise à rendre la communication entre ophtalmologues et agents de la santé locaux plus facile et instantanée : tout d’abord, les agents de santé saisissent les données du patient à l’aide du smartphone ; une fois l’information enregistrée, ils ont accès à la liste des ophtalmologues travaillant dans les hôpitaux les plus proches et peuvent consulter ceux qui sont en ligne ; après avoir choisi le nom du spécialiste, la conversation peut être établie instantanément permettant ainsi des soins en temps réel.

Selon Vula Mobile, les premiers retours sont assez positifs. Plus de 300 agents de santé (infirmières, médecins généralistes, agents de santé communautaires, etc.) et 30 ophtalmologues utilisent déjà l’application et une grande majorité des utilisateurs considèrent qu’elle leur a permis d’approfondir leurs connaissances ophtalmologiques ainsi que de gagner du temps.
L’entreprise souhaite maintenant aller plus loin, en se développant géographiquement : pour l’instant utilisée uniquement en Afrique du Sud, Vula Mobile veut s’implanter au Swaziland et en Zambie. Mais l’entreprise vise également une expansion vers d’autres domaines de la santé : Vula Mobile est actuellement en contact avec des spécialistes divers (cardiologues, neurologues, dermatologues, etc.) afin de proposer une offre plus complète.
Alors que mettre en place un réseau physique d’ophtalmologues en zone rurale peut s’avérer très coûteux et complexe (cf. projet de vans mobiles mis en place par Essilor en Inde rurale), ces nouvelles applications digitales apparaissent comme une solution particulièrement intéressante et économique pour faciliter l’accès aux soins ophtalmologiques.

Major Economies Forum : il ne faudra pas juger l’accord de Paris sur le niveau de réduction des émissions de CO2, selon les grands émetteurs

Les 19 et 20 avril derniers ont eu lieu le Forum des Economies Majeures (MEF), une instance d’échange sur les questions de climat rassemblant ministres et négociateurs climat des 17 plus grandes économies au monde créée en 2009. Cette année, 9 autres pays étaient invités, dont notamment l’Arabie Saoudite, la Turquie.
Une déclaration commune est parue de ce Sommet, au sein de laquelle les pays membres réaffirment leur volonté de parvenir à un accord climatique ambitieux à Paris. En revanche, ils mettent en garde les analystes sur l’importance de ne pas porter trop d’attention au niveau de réduction des émissions de gaz à effet de serre lors de la COP21, mais plutôt sur le cadre de réduction des émissions mis en place et sa durabilité.
Un des objectifs majeurs de la COP21 est de parvenir à un cadre commun de Mesure, Reporting et Vérification des émissions de gaz à effet de serre accepté par l’ensemble des parties. Ainsi que d’imposer une mesure du niveau d’émission régulière, et la possibilité d’observation par les autres parties des mesures effectivement mises en place, ce qui n’existe pas à l’heure actuelle.
Les participants du MEF savent que ce cadre ne garantira pas nécessairement de maîtriser l’élévation des températures à +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, mais ils souhaitent ne pas échapper la possibilité d’atteindre cet objectif. Il s’agit donc d’agir avant 2020, et de fournir une aide importante à destination des pays émergents.
Les deux mois à venir verront de nombreuses autres opportunités d’échanges entre ces pays sur les questions de climat, dont le sommet du G7 qui se tiendra en Allemagne en juin.

pour en savoir plus:
- http://www.rtcc.org/2015/04/23/dont-judge-paris-on-level-of-carbon-cuts-say-top-emitters/

Label ISR : le gouvernement français avance

Le gouvernement français souhaite créer un label ISR (Investissement socialement responsable). Une annonce datant de 2012, mais dont les grandes lignes du projet sont désormais formalisées. Si la création d’un label ISR public répond aux attentes des professionnels, elle comporte des risques dans sa mise en œuvre.
Le label ISR doit désormais faciliter la diffusion de l’ISR auprès d’un public plus large. Les placements ISR sont susceptibles de ramener les épargnant vers les marchés financiers puisqu’ils permettent de leur expliquer la finalité de ces placements qui combinent performance financière et extra-financière.
En apposant un label sur des produits financiers parce qu’ils ont des composantes environnementales et sociales, le gouvernement sera confronté à une attente forte des épargnants sur les qualités extra-financières de ces produits. Tout l’enjeu du dispositif public repose sur cette notion de mesure d’impact. Il ne suffit pas de mesurer avec des indicateurs hétérogènes, en termes de méthodologie et d’exigence, combien de CO2 a été émis ou réduit ou combien d’emplois ont été créés par les entreprises détenues dans un portefeuille pour attester de la performance environnementale et sociale de la gestion financière ISR. Il va désormais falloir prouver que les fonds labellisés sont clairement composés d’entreprises « mieux-disantes » sur un plan environnemental et social.
L’un des gages de crédibilité repose sur l’attribution du label par des tiers indépendants susceptibles de vérifier cette dimension. Pour crédibiliser le dispositif gouvernemental, l’homologation des futurs labellisateurs par un organisme indépendant, le Comité Français d’Accréditation (COFRAC), est prévue, à horizon 2016, sur un cahier des charges et un référentiel à définir. Pourtant, le gouvernement voudrait quand même lancer une première édition en 2015.
Le calendrier présenté vendredi par l’Etat est ambitieux. Il s’agit de finaliser le cahier des charges d’ici un à deux mois, de choisir trois organismes de labellisation pour le premier exercice du label au printemps, et de lancer l’appel à candidature pour les fonds dès cet été. Ce lancement à marche accélérée pourrait exposer le projet du gouvernement à des accusations d’auto-labellisation déguisée. Proposer aux investisseurs français un label robuste et crédible, assorti d’indicateurs d’impact susceptibles de les convaincre qu’ils peuvent financer des modèles économiques plus durables, semble être la condition sine qua non pour exporter la démarche ailleurs en Europe.
La France sera par ailleurs très observée dans ces démarches de fléchage des flux financiers vers des modèles économiques plus respectueux de l’environnement et des droits sociaux l’année où elle accueille la COP21.

Accès à l’énergie en Afrique subsaharienne : lancement du Energy Access Ventures Fund

Schneider Electric en partenariat avec la CDC Group – the UK Department for International Development (DFID), la Banque Européenne d’investissement, FISEA-PROPARCO, l’OFID, et le FFEM-AFD, ont annoncé la création d’Energy Access Ventures Fund le 2 mars dernier.
Ce fonds a pour ambition de transformer le tissu social et de stimuler l’économie africaine afin de réduire le niveau de pauvreté sur le continent par l’électrification d’un million de personnes à l’horizon 2020. Géré par Aster Capital, le fonds mobilisera 54,5 millions d’euros et prévoit d’investir dans des PME africaines avec pour objectif l’électrification d’un million de personnes à l’horizon 2020
Le manque d’électricité en Afrique subsaharienne est un frein majeur au progrès social, au développement économique et nuit à l’environnement. Energy Access Ventures Fund a l’ambition de soutenir durablement le développement de l’accès à l’énergie des populations les plus défavorisées, en renforçant les dispositifs énergétiques locaux.
Le fonds cible principalement les PME locales promouvant des solutions d’accès à une électricité sobre en carbone et à bas coût pour les populations périurbaines et rurales d’Afrique subsaharienne. Il a pour objectif de soutenir ces entreprises qui le plus souvent n’ont pas accès à l’offre traditionnelle de financement. Il sera déployé dans un premier temps au Burundi, en Ethiopie, au Kenya, au Malawi, au Mozambique, en Ouganda, au Rwanda, en Tanzanie, en Zambie et au Zimbabwe.
Au-delà du financement, divers programmes d’assistance technique permettront de fournir un soutien aux entreprises locales dans leurs politiques de gestion, de gouvernance, d’efficacité énergétique et de bonnes pratiques environnementales. Le fond fournira également aux entreprises sélectionnées :
- des professionnels qualifiés mis à disposition par Schneider-Electric (ingénieurs, spécialistes de l’approvisionnement, experts marketing, responsables d’études) qui pourront accompagner les entreprises locales et partageront leurs compétences pour renforcer le capital humain existant ;
- une évaluation des incidences sociales et environnementales de leur activité, avec pour objectif de limiter leur impact sur l’environnement ;
- un support technique en les accompagnant efficacement sur des sujets tels que les réglementations internationales.
Energy Access Ventures Fund a pour but de combiner investissement économique, innovation et développement de compétences. Ce fonds bénéficiera de l’expérience acquise dans le cadre du fonds d’investissement Schneider Electric Energy Access (SEEA), visant à soutenir le développement d’initiatives entrepreneuriales autour de l’accès à l’énergie.

Climat : les maires des capitales et grandes villes européennes s’engagent à Paris

Jeudi 26 mars, Anne Hidalgo a reçu à l’Hôtel de Ville les représentants des capitales et des grandes villes des 28 Etats membres de l’Union européenne pour un Sommet dédié à la lutte contre le changement climatique, à l’issue duquel une déclaration commune a été adoptée à main levée.
Les maires se sont engagés, notamment, à rendre compte périodiquement et publiquement des efforts entrepris dans la lutte contre le dérèglement climatique, à renforcer la coopération et le partage d’expérience avec les villes du monde entier et à investir en priorité sur les secteurs principalement responsables des émissions de gaz à effets de serre (transports, bâtiment, approvisionnement en énergie, valorisation des déchets). Entourés par les réseaux de villes et de territoires comme le C40, ICLEI, Energy Cities, Climate Alliance, CGLU, CCRE, AFCCRE, Eurocities, Climate Alliance , les représentants des villes lanceront une initiative commune pour coordonner l’investissement public des collectivités dans des filières industrielles « vertes », tels que les transports électriques ou l’énergie renouvelable. D’autre part, les collectivités s’engageront à grouper leurs achats concernant: les bus électriques, les bennes à ordures 12-16 tonnes et l’électricité verte. L’idée étant aussi de faire baisser les prix et de peser sur le secteur industriel en matière d’énergies propres.

Source : paris.fr
Pour la première fois, les maires d’Europe s’unissent par-delà les frontières politiques pour faire face à des enjeux de fond. La ville de Paris démontre également sa forte mobilisation sur ce sujet, à quelques mois de la COP21.
Cet engagement des maires européens traduit en outre une importante prise de conscience. Nul ne peut plus ignorer, désormais, le poids des villes et de l’urbanisation dans la consommation énergétique mondiale. En l’espace d’un siècle, de 1950 à 2050, la population urbaine mondiale va passer de 2,5 milliards de personnes à près de 10 milliards. Entre 2000 et 2050, ce sont pas moins de 3 milliards de personnes qui s’installeront dans des villes sur toute la planète. En moins de 100 ans, la planète passera d’un monde à 70% rural à un monde à 70% urbanisé et les espaces urbains sont contributeurs à hauteur de 70% des émissions de gaz à effet de serre.

Climat: la France crée une commission sur l’aide aux pays du Sud

Le président François Hollande a chargé une nouvelle commission de conseiller le gouvernement sur les financements innovants à mettre en œuvre pour aider les pays du Sud face au changement climatique, question clé de la conférence de décembre à Paris.
Composée d’économistes, acteurs financiers et représentants d’entreprises, la commission sera coprésidée par l’ancien ministre EELV Pascal Canfin et l’économiste Alain Grandjean, selon la lettre de mission du président. La commission devra présenter ses conclusions fin mai.
En 2009, à Copenhague, les pays du Nord s’étaient engagés à fournir à ceux du Sud une aide de 100 milliards de dollars par an de financements publics et privés, à partir de 2020, pour lutter contre le réchauffement climatique et y faire face.
Le respect de cet engagement sera un des points clefs de la conférence de Paris, le rétablissement de la confiance sur ce plan étant une condition absolument nécessaire pour la réussite de la conférence, rappelle François Hollande. Dans la lettre de mission, il précise d’ailleurs que la France mobilisera en amont (de la conférence de Paris) les chefs d’Etat et décideurs concernés sur cette problématique du financement.
Dans un contexte de tension sur les finances publiques de nombreux pays, il sera notamment nécessaire, pour répondre à ces engagements, de développer l’usage d’outils de financements innovants. Cette commission indépendante sera chargée de conseiller le gouvernement français sur la façon de faire avancer l’agenda des financements innovants dans les différentes enceintes internationales auxquelles il participe. Elle examinera l’état de développement et le potentiel des divers dispositifs financiers innovants proposés à ce jour et visant à faciliter le financement de l’atténuation et de l’adaptation au changement climatique dans les pays du Sud, ajoute le chef de l’Etat.
Des représentants des ministères des Finances, des Affaires étrangères et de l’Ecologie seront associés aux travaux de la commission.

pour en savoir plus: - http://www.romandie.com/news/Climat-la-France-cree-une-commission-sur-l039aide-aux-pays/572533.rom