DOSSIER : La Campagne Go Fossil Free / Global Divestment

La Campagne Go Fossil Free / Global Divestment : un mouvement qui prend de l’ampleur à quelques mois de la CoP21
Les 13 et 14 février dernier ont marqué la première Journée mondiale du désinvestissement, qui concrétise le mouvement Global Divestment, une campagne médiatique menée depuis 2011 par plusieurs ONG, visant à encourager les fonds d’investissements de toute origine à extraire les sociétés ou les projets liés aux énergies fossiles de leur portefeuille d’investissement.
Dès 2011, l’ONG britannique Carbon Tracker met en avant le « risque carbone » dans l’étude « Unburnable Carbon » . L’ONG s’interroge alors sur l’existence d’un risque financier pesant sur les entreprises de combustibles fossiles cotées en bourse, qui constituent souvent les poids lourds des indices boursiers. « Unburnable Carbon » démontre que le modèle d’affaires de ces sociétés ainsi que leur valorisation financière, basés sur l’exploitation de leurs réserves prouvées en énergies fossiles, est incompatible avec le budget carbone disponible pour limiter l’augmentation de température de la planète à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle. Le rapport conclue que ce modèle financier sera vraisemblablement invalidé par les règlementations climatiques à venir, générant une dépréciation d’actifs importante pour les entreprises concernées. La mise en évidence de l’existence d’une menace pesant sur la valorisation boursière des compagnies exploitant les ressources d’énergie fossiles, pouvant entrainer une dépréciation rapide et brutale de leurs actifs, baptisée stranded assets, est suffisamment convaincante pour entrainer un mouvement important de prise de conscience.

La campagne Global Divestment associe investisseurs et ONG et a été relayée par Al Gore, ancien vice-président américain et lanceur d’alerte infatigable sur le changement climatique, lors du Sommet des Nations Unies à New York en septembre 2014.
Ce sommet a donné un nouvel élan aux initiatives sur le climat, allant de la reconnaissance de l’impact financier du changement climatique à la mise en place d’actions concrètes de mesure et de réduction des émissions carbone liées aux investissements. La « Déclaration des investisseurs sur le changement climatique » (Global Investor Statement on Climate Change) a été publiée à l’occasion du sommet des Nations Unies, et est aujourd’hui signée par 364 investisseurs représentant plus de 24 000 milliards de dollars. À travers celle-ci, ils reconnaissent la nécessité de lutter contre le changement climatique, considérant qu’il impacte leurs actifs financiers.
Si cette déclaration n’est pas la première du genre, la nouveauté est la nécessité d’action. Cela se traduit d’ores et déjà par le lancement de plusieurs initiatives visant à mesurer et diminuer l’empreinte carbone des portefeuilles à travers des mouvements de décarbonisation. Dans la foulée du sommet de New-York ont été lancées la Portfolio Decarbonization Coalition, portée par l’UNEP-Fi et le Montreal Carbon Pledge.
Les conclusions de Carbon Tracker ont été reprises par de nombreuses ONG environnementales et sont à l’origine du mouvement Go Fossil Free, porté par 350.org. Ce mouvement fait du désinvestissement des énergies fossiles son cheval de bataille, au point d’organiser les 13 et 14 février 2015 les premières journées mondiales du désinvestissement. Des actions de mobilisation citoyennes sont organisées dans les divers pays où le mouvement a pris racine (États-Unis, Canada, Australie, Nouvelle Zélande). Il s’agit par exemple d’inciter les citoyens à clôturer leurs comptes détenus dans des institutions financières qui financent les 200 entreprises les plus émettrices de gaz à effet de serre . Le modèle du mouvement Go Fossil Free est celui de la campagne pour le désinvestissement des entreprises liées à l’apartheid en Afrique du Sud initiée il y a plus de trente ans aux États-Unis. Les investisseurs éthiques, les fondations et les congrégations religieuses qui y avaient participé sont des institutions que l’on retrouve aujourd’hui mobilisées sur le climat.
Au-delà des congrégations et des fondations, les mouvements de protestation contre les énergies fossiles fédèrent massivement les étudiants américains qui pressent les dirigeants de leurs universités d’appliquer une politique de désinvestissement sur leurs importants fonds de dotation. En quelques mois, une vingtaine d’entre elles se sont engagées sur le sujet non seulement aux États-Unis, mais aussi au Canada et en Australie et sont progressivement rejointes par certaines universités européennes. Plusieurs stratégies sont utilisées : désinvestissement des 200 entreprises ciblées par Go Fossil Free, exclusion sectorielle visant le charbon, ou encore engagement à prendre en compte des critères ESG en cas de refus de désinvestissement. C’est la stratégie choisie par Harvard qui a été la première université américaine à s’engager à désinvestir ses actifs dans les énergies fossiles.
Le mouvement du désinvestissement s’étend bien au-delà des universités et concerne aujourd’hui près de 200 investisseurs dans le monde. Ils se sont engagés, en grande majorité, à suivre les recommandations du mouvement Go Fossil Free à un horizon de 5 ans et une quarantaine d’entre eux ont mis en œuvre des politiques d’exclusions sectorielles dont une quinzaine ciblent, d’ores et déjà, spécifiquement le charbon et une quinzaine plus largement les énergies fossiles. De façon plus isolée, certains investisseurs excluent le gaz de schiste ou les sables bitumineux.
Le prestigieux quotidien britannique The Guardian a annoncé début mars entrer en guerre contre les énergies fossiles : « Nous allons nommer les pires pollueurs, et trouver qui les finance », s’est engagé le journal dans un billet de son rédacteur en chef Alan Rusbridger. Depuis lors, le quotidien britannique a entrepris de mettre un frein à l’extraction des combustibles fossiles. Son équipe s’est fixé comme objectif de pousser les entreprises, fondations, banques et universités à cesser d’investir dans ce secteur. Le Guardian cible notamment la Fondation Bill et Melinda Gates, pourtant financier important du journal britannique depuis 2010, révélant que la Fondation détenait plus de 1.3 milliards d’euros dans des actifs liés aux énergies fossiles : « L’organisation caritative dirigée par Bill et Melinda Gates, qui dit que la menace de changement climatique est telle qu’il faut agir immédiatement, détient au moins 1.4 milliard de dollars [1.3 milliard d'euros] d’investissements dans les plus grands groupes mondiaux d’énergie fossile, d’après une analyse de la déclaration d’impôts de la fondation faite par le Guardian. Ces groupes incluent BP, responsable de la catastrophe du Deepwater Horizon (…) et l’entreprise minière brésilienne Vale, élue ‘groupe montrant le plus de mépris pour l’environnement et les droits humains’, par des ONGs suisses en 2012. » Le mouvement Fossil fuel divestment ne cesse de prendre de l’ampleur : le 20 mars, l’Envoyée spéciale des Nations Unies sur le Climat, Mary Robinson, a elle aussi apporté son soutien à la campagne.
Une concrétisation majeure a pu être observée auprès du Fonds de pension norvégien (GPFG), le plus grand fonds souverain au monde, détenant 870 milliards de dollars d’actifs. Le GPFG s’est désengagé de 53 compagnies minières dans le secteur du charbon. Mais ce levier financier en faveur du climat s’avère bien trop faible pour les ONG norvégiennes. Elles soulignent en effet que le fonds ne fait que baisser de manière marginale ses investissements dans le charbon : moins 4,6% par rapport à l’année précédente, pour se maintenir en 2014 à un niveau supérieur à 9 milliards d’euros. La consultation annuelle entre le gouvernement et le parlement qui aura lieu en juin prochain pourra obliger le GPFG à exclure l’ensemble de ses investissements charbonniers de son portefeuille d’actifs.
Au sein même des Assemblée d’actionnaires des compagnies pétrolières, le débat s’engage. Une coalition d’une cinquantaine d’investisseurs pesant plus de 200 milliards d’euros veut déposer une résolution sur le changement climatique dans les assemblées générales de Shell et de BP. Intitulée Stratégie de résilience pour 2035 et au-delà , la résolution va exiger de BP en avril et Shell en mai de faire toute la lumière sur la compatibilité de leurs scénarios de production d’énergie avec ceux de l’Agence internationale de l’énergie. « Le changement climatique est un risque économique et financier majeur, explique James Thornton, à la tête de ClientEarth organisation, une entité spécialiste du droit de l’environnement qui participe à la coordination de ces résolutions. BP et Shell ont notre avenir financier et environnemental entre leurs mains et elles doivent faire plus et mieux pour prévenir les risques climatiques. » Il conclut: « Les investisseurs peuvent les aider à progresser en votant pour les résolutions que nous proposons. »
D’autre part, l’arrivée d’investisseurs de long terme qui avaient déjà des politiques d’investissement responsable vient renforcer le mouvement. Ces fonds de pension et assureurs utilisent leur poids financier (plus de 4 500 milliards de dollars pour une centaine d’investisseurs) afin d’encourager l’engagement actionnarial auprès des compagnies pétrolières pour qu’elles fassent évoluer leurs modèles. De grandes institutions financières, telles que la Banque mondiale, Bank of England, HSBC et Standard and Poor’s attirent l’attention des investisseurs sur le risque qui pèse désormais à investir dans les énergies fossiles.
C’est un mouvement de fond que l’on observe prendre de l’ampleur depuis quelques mois, et qui sera probablement appelé à se renforcer dans les mois à venir. De bon augure avant la Conférence climat de Paris, qui se tiendra en décembre 2015, et dont un des enjeux principaux sera d’engager les économies mondiales sur un modèle énergétique soutenable au regard des contraintes environnementales et climatiques.

DOSSIER : Contributions Intentionnelles Déterminées Nationalement : qu’attendre des retardataires ?

Afin de parvenir à un accord climatique ambitieux lors de la prochaine Conférence des Parties des Nations Unies sur le Changement Climatique (COP21), qui se tiendra à Paris en décembre 2015, les membres de la Convention climat se sont accordés à publier leur Contribution Intentionnelle Déterminée Nationalement (INDC) d’ici au 31 mars.
L’objectif est d’obliger les différentes parties prenantes des négociations climat à divulguer leurs intentions publiquement en amont de la conférence. L’objectif de la conférence est d’imaginer le cadre de régulation des émissions de gaz à effet de serre des 195 membres de la CCNUCC pour l’après 2020, année où prendra fin la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto, qui ne permet de réguler que 15% des émissions annuelles de la planète actuellement.
A ce jour, seul 36 pays (dont les 28 Etats membres de l’Union Européenne) ont publié leur INDC, représentant seulement 29% des émissions mondiales. La plupart des analystes voient dans ce retard la volonté de nombreux pays de ralentir le processus des négociations pour limiter la portée de l’accord auquel nous parviendrons en décembre 2015.
Une note du site d’information britannique dédié aux questions climatique RTCC.org a passé en revue les positions des pays qui doivent encore faire connaître leurs intentions. Analyse des intentions des 10 principaux pays retardataires, représentant 45% des émissions mondiales en 2014.
Chine
Avec 22% des émissions en 2014, c’est désormais le principal émetteur mondial. Un officiel chinois a fait savoir que l’administration travaillait encore sur leur contribution INDC qui pourrait être prête pour Juin 2015.
L’an dernier, la Chine et les Etats-Unis sont parvenu à un accord bilatéral sur la question de la maîtrise des émissions de gaz à effet de serre, dont le contenu devrait constituer le socle de la proposition chinoise. La Chine s’était alors engagée à viser un pic d’émission pour l’année 2030 et à parvenir à une consommation d’énergie finale constituée pour 20% d’énergies décarbonées (renouvelables et nucléaire).
Brésil
Le Brésil, dont les émissions de gaz à effet de serre représentent 5.7% du niveau mondial, est l’un des principaux pays responsables de la déforestation. Leur INDC est attendue pour juillet.
Les objectifs anticipés seraient une déforestation « nette » égale à 0 dès 2020 et une hausse significative de la part du solaire, et l’éolien et de l’hydro-électricité dans le mix énergétique. Mais cette ambition est coûteuse et le ministère de l’environnement brésilien rappelle la nécessaire de transferts financiers et technologiques des pays industrialisés (dits de « l’Annexe I ») envers les pays en développement.
Inde
L’Inde représente 5.55% des émissions de gaz à effet de serre mondiales, mais dans le même temps, est le pays qui compte le plus grand nombre d’individus dépourvus d’accès à l’énergie. La contribution de l’Inde est attendue assez tard dans l’année, probablement peu avant la fin octobre.
Le Premier Ministre indien Narendra Modi, peu porté sur la question du climat, a récemment beaucoup obtenu des pays développés (Etats-Unis, UE, France) en échange d’une promesse de contribution importante lors de la COP21. Le gouvernement indien, pour lequel la question de l’accès à l’énergie de sa population prime, a un plan de développement des énergies renouvelables (notamment solaire) très ambitieux à l’horizon 2020 (voir Newsletters n°13, 14).
Japon
Le Japon, qui a longtemps été une figure de proue de l’ambition de régulation des émissions de gaz à effet de serre, a vu la catastrophe nucléaire de Fukushima en 2011 remettre en cause intégralement sa stratégie énergétique et environnementale.
Le pays, représentant 2,7% des émissions mondiales, a fermé ses centrales nucléaires et compensé ce manque de production électrique par un recours accru au charbon. Le débat sur la réouverture possible de quelques centrales sur l’archipel nippon fait rage actuellement et de cela dépendra probablement le niveau d’ambition du gouvernement japonais pour sa contribution à la COP21.
Australie
Le gouvernement australien est ouvertement climato-sceptique. Après avoir supprimé la taxe carbone en vigueur dans le pays depuis 2012, le premier ministre Tony Abbott limite les ambitions du pays au minimum. L’objectif de 2020 de réduire les émissions de 5% comparé à 2000 ne sera probablement pas atteint, selon les études du Climate Action Tracker qui les voit plutôt s’accroitre de 12 à 18% sur la même période.
Il sera très difficile d’engager l’Australie, représentant 1,5% des émissions mondiales, lors de la COP21.
Canada
Le Canada, responsable de 1,5% des émissions mondiales en 2014, a une position ambigue sur la question du climat. Le gouvernement fédéral, emmené par le premier ministre Stephen Harper, limite les ambitions du pays et affiche clairement sa volonté de préserver le développement du secteur pétrolier en Alberta, dont l’extraction des sables bitumineux implique un impact environnemental profond sur la région.
En revanche, de nombreuses provinces, dont dernièrement l’Ontario, ont mis en place des systèmes de régulation des émissions de CO2 (taxe carbone, système d’échanges de permis…) à l’encontre de la volonté du gouvernement central. Ces systèmes devraient à terme près de 75% des émissions canadiennes.
Indonésie
Ce pays d’Asie du Sud-Est représente 1.46% des émissions de gaz à effet de serre de la planète, notamment due à la déforestation massive dans le pays. Le pays devrait soumettre sa contribution d’ici août.
D’ici 2020, le pays souhaiterait réduire ses émissions de 26% en comparaison d’un scénario business as usual… pouvant aller jusqu’à 41% selon le niveau de transferts monétaires et technologiques de la part des pays industrialisés obtenus lors de la COP21. Plus de 60% de ces réductions d’émissions viendront du secteur forestier et de l’agriculture.
Corée-du-Sud
La Corée-du-Sud, émetteur de 1,24% des émissions mondiales, vient de mettre en place un marché du carbone afin de lui permettre de remplir son objectif de réduire ses émissions de 30% en 2020 comparé à un scénario BAU.
En Janvier 2014, le pays a publié un plan à long-terme qui ambitionne de stabiliser les émissions d’ici à 2030. Le ministre de l’environnement coréen a annoncé fin 2014 que la Contribution du pays serait publiée avant octobre 2015.
Arabie Saoudite
Le producteur de pétrole par excellence a beaucoup à perdre d’un accord ambitieux pour le climat trouvé à Paris. A chaque occasion, les négociateurs saoudiens rappellent l’importance du pétrole et du gaz naturel dans le mix énergétique futur.
Les analystes attendent la contribution INDC saoudienne pour juin, qui devrait rappeler la trajectoire d’une hausse des émissions du pays de 60% en 2030 par rapport à 2010. Néanmoins, le gouvernement ambitionne de développer 40GW d’électricité solaire d’ici 2040.
Afrique du Sud
L’Afrique du Sud devrait publier sa contribution au plus tard en septembre. Le pays, représentant 0,9% des émissions mondiales et un important producteur de charbon mondial, est encore en phase de détermination de son plan.
La demande électrique dans le pays reste largement excédentaire à la capacité actuelle du pays à subvenir aux besoins de sa population. Le pays a cependant un objectif 2025 défini : réduire ses émissions de 40% par rapport à un scénario BAU.

Chômage en France : ATD Quart Monde propose une expérimentation

Le Mouvement ATD Quart Monde a profité de la publication des chiffres du chômage, lundi 27 avril, pour défendre son outil de lutte contre le chômage de longue durée. Un fléau qui touche 2,2 millions de personnes en France.
Accompagnée de travailleurs privés d’emploi et d’élus locaux, l’organisation de solidarité se mobilise devant l’Assemblée nationale pour demander aux députés de soutenir son projet « Territoires zéro chômeurs de longue durée ».
De quoi s’agit-il ? L’idée part d’un calcul assez simple : un chômeur de longue durée coûte à la collectivité environ 15 000 € par an en prestations diverses. Ce montant est relativement proche des 22 000 € annuels d’un smic à plein-temps. Si ces prestations pouvaient être directement versées pour financer des CDI, le coût manquant serait donc de 7 000 €. Selon ATD, cette somme pourrait largement être couverte par les richesses de l’activité elle-même, sans dépenses publiques supplémentaires.
Problème : la réaffectation des 15 000 € d’aides sociales pour le financement d’un emploi conventionné n’est pas autorisée par les textes. Voilà pourquoi ATD et ses soutiens demandent « une loi d’expérimentation » de manière à observer « la viabilité économique » et les « bénéfices au plan humain et social » du projet.
Le mouvement a déjà convaincu quatre territoires volontaires en Ille-et-Vilaine, en Meurthe-et-Moselle, dans les Deux-Sèvres et dans le Nivernais. Les élus de ces collectivités attendent d’être reçus par les présidents de groupes politiques siégeant à l’Assemblée Nationale. S’ils parviennent à se faire entendre, la méthode d’ATD sera éprouvée sur un premier échantillon de 200 personnes, en identifiant des savoir-faire qui coïncident avec les besoins des bassins d’emploi.
L’organisation estime que des travaux utiles et innovants pourraient voir le jour, dans des secteurs divers comme les services à la personne, les services aux entreprises, l’entretien, ou encore l’accueil.
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pour en savoir plus:
- https://www.atd-quartmonde.fr/manifestation-du-27-avril-atd-quart-monde-et-les-chomeurs-demandent-une-loi/