La Conférence d’Addis-Abeba donne un nouveau souffle à l’aide au développement

Malgré quelques messages de déception au sein des ONG, la 3e Conférence internationale sur le financement du développement s’est achevée, jeudi à Addis-Abeba, par l’adoption d’un vaste plan d’action. Il est destiné à financer les 17 objectifs de développement durable (ODD), qui doivent être adoptés en septembre aux Nations unies à New-York. Pour le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, « les résultats de la Conférence d’Addis-Abeba nous apportent la fondation d’un partenariat mondial redynamisé pour le développement durable qui ne laissera personne pour compte ». Dans un document d’une quarantaine de pages, les 193 pays de l’Organisation ont convenu d’établir un « Forum mondial pour les infrastructures » afin d’identifier et de combler les lacunes dans ce domaine, et de veiller à ce que les projets soient écologiquement, socialement et économiquement durables. Ils se sont réengagés à consacrer 0,7% de leur revenu national brut (RNB) pour leur aide publique au développement (APD). De plus, ils mobiliseront entre 0,15 % et 0,20% de leur RNB pour les pays les moins avancés. L’Union européenne s’engage formellement ainsi à accroître son aide aux pays les moins avancés à 0,2% du RNB d’ici à 2030.
Un accord a également été trouvé concernant la mobilisation des ressources fiscales des pays en développement. Un thème qui aurait pu, in fine, faire capoter les négociations. Il n’en a rien été. L’accord prévoit une série de mesures qui visent à élargir la base des recettes, à améliorer
la collecte des impôts et à lutter contre la fraude fiscale et les flux financiers illicites. Alors que les ONG et plusieurs pays en développement militaient pour un transfert de compétence en la matière au niveau de l’ONU, c’est bien l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) qui reste la cheville ouvrière de cette lutte avec, en particulier, son plan d’action contre l’optimisation fiscale. L’accord avance seulement que les experts du Comité sur la coopération internationale en matière fiscale onusien soient désormais nommés « par les gouvernements » et sélectionnés « selon une distribution géographique équitable ». Juste avant la conférence, le secrétaire général de l’OCDE, Angel Gurria, avait souligné que 126 pays s’étaient déjà engagés à mettre en place l’échange automatique d’informations à des fins fiscales et que les pays en développement étaient associés aux travaux de BEPS. Même les BRICS, à l’issue de leur sommet la semaine dernière, avaient soutenu les travaux de l’OCDE dans le domaine.

Pour en savoir plus: La Conférence d’Addis-Abeba donne un nouveau souffle à l’aide au développement – Adapté de : Les Echos.