le Fonds Africa50 lancé par la Banque Africaine de Développement

 

Les gouvernements subsahariens sont confrontés à des difficultés de financement majeures de leurs infrastructures, contraints par de faible taux d’épargne, une assiette imposable étroite, une administration budgétaire inefficace dans de nombreux cas et des marchés de capitaux sous-développés. Les financements internationaux sont volatils et imprévisibles. Ces gouvernements s’appuient principalement sur la finance privée ; l’emprunt aux banques ; l’émission de dettes souveraines ; des subventions en provenance de bailleurs de fonds internationaux…

L’Afrique subsaharienne souffre d’un déficit d’infrastructures ne lui permettant pas d’atteindre son plein potentiel de développement : l’accès à l’électricité est le principal manque sur le territoire, mais les réseaux de transports, d’alimentation en eau potable et d’assainissement, et dans une moindre mesure de communication laissent largement à désirer.

Pour combler ce déficit, la Banque Mondiale affirme qu’il est nécessaire d’apporter 50 milliards de dollars par an d’investissements additionnels, qui pourraient renforcer la croissance annuelle du sous-continent de 2 points de PIB.La Banque Africaine de Développement cherche à offrir un meilleur accès aux marchés obligataires internationaux pour les pays subsahariens. Elle a notamment développé le Africa Infrastructure Development Index afin de suivre le développement des infrastructures africaines pays par pays : des données précises sont proposées quant à la génération d’électricité, la souscription à des abonnements téléphoniques, la construction des routes, l’accès à l’eau…permettant ainsi de mesurer les progrès et d’orienter les actions de la BAD afin de compenser les retards.

La BAD permet de catalyser les financements afin de faciliter le développement du secteur privé. En 2012, 13 237 km de routes ont été construits ou remis en état ; 34 millions de personnes ont vu leur accès aux transports amélioré ; 14 500 km de lignes électriques ont été installés ; 1.1 GW de capacité de génération électrique ont été installés ; et 15 millions de personnes ont gagné l’accès à l’eau potable et à un réseau d’assainissement viable.

De plus, la BAD met en place le Fonds Africa50 afin de renforcer son soutien au développement des infrastructures africaines. Ce fonds sera ciblé sur des projets rentables, bénéfiques pour la croissance économique qui permettra de fournir un effet de levier conséquent pour le financement international de projets africains : la BAD ambitionne de rassembler 10 milliards de dollars de fonds propres tout en constituant un capital global d’une valeur de 100 milliards de dollars. « Africa50 sera orienté vers le développement, tout en restant une entité commerciale. 

La refonte de l’Aide Française au Développement au Parlement

Les objectifs principaux projet de Loi sur la refonte de l’Aide Française au Développement sont les suivants :
- donner la priorité aux pays les plus pauvres (PPP) – 85% de l’aide ira au pays africains ;
- mettre les questions du développement durable et de l’égalité femmes-hommes au centre des projets financés par la France – plus de financement de centrales alimentées en charbon, ni d’OGM ;
- développer la culture de la Responsabilité sociale et environnementale (RSE) dans les échanges entre les multinationales françaises et les pays étrangers.
Le projet annonce plus de transparence dans l’Aide au développement : la politique de développement et de solidarité internationale sera désormais évaluée tous les ans. La loi fixe 30 indicateurs de résultats : il sera possible de savoir combien de personnes ont été raccordées à un réseau électrique, combien de personnes ont obtenu l’accès à l’eau potable ou combien d’enfants ont été scolarisés. Pour plus de précisions, 16 sites internet détailleront les actions dans les 16 pays pauvres prioritaires choisies par l’Aide française au développement.
Le projet de loi renforce le rôle du Parlement dans l’utilisation de l’Aide au développement : jusqu’à présent, le Parlement ne pouvait examiner cette politique que dans le cadre de la loi de finances. Désormais, il pourra débattre des principes et des orientations décidées, et exercer sa mission de contrôle et d’évaluation de cette politique.

Projet de loi sur la refonte de l’Aide Française au Développement – Plus d’information :
- http://www.gouvernement.fr/gouvernement/l-aide-francaise-au-developpement-tournee-vers-les-pays-les-plus-pauvres
- http://www.gouvernement.fr/sites/default/files/fichiers_joints/dp_-_pl_developpement.pdf

Objectifs de Développement Durable : un indicateur pour l’accès à l’énergie

Grand absent des Objectifs du Millénaire pour le Développement (MDG), l’énergie fera l’objet d’un indicateur dédié parmi les Objectifs de Développement Durable (SDG) qui remplaceront les MDG après 2015. Lors de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable de Johannesburg en 2002, les pays membres avaient fixés 8 MDG et plusieurs indicateurs pour renforcer l’action internationale en soutien de l’aide au développement des pays les moins avancés (éducation, santé, alimentation…). L’énergie, pourtant un levier central du développement de populations, n’avait pas fait l’objet d’un objectif précis.

Lors de la Conférence de Rio+20 en juin 2012, la communauté internationale s’est accordée pour donner un second souffle à l’aide au développement en établissant de nouveaux indicateurs : les Objectifs de Développement Durable. Il s’agit de 10 objectifs incorporant chacun trois indicateurs chiffrés. L’énergie aura un indicateur dédié :

Objectif 8 – Incurver le changement climatique anthropique et assurer un approvisionnement énergétique durable :

-        Cible 8.a : Décarboniser le mix énergétique, assurer l’accès à l’énergie pour tous, et améliorer l’efficacité énergétique avec des cibles à l’horizon 2020, 2030 et 2050.

-        Cible 8.b : Réduire les émissions de GES non-liées à l’énergie par l’amélioration des pratiques agricoles, la gestion des forêts, des déchets et l’industrie.

-        Cible 8.c : Mettre en place des incitations, notamment imposer un prix sur les émissions de carbone, pour maîtriser le changement climatique et promouvoir les transferts de technologies dans les pays en développement.

Le projet d’accord sur les SDG a été publié en février par le Sustainable Development Solutions Network, une initiative des Nations Unies.[1]



[1] Objectifs de Développement Durable : un indicateur pour l’accès à l’énergie – Pour en savoir plus :

-        http://www.un.org/fr/millenniumgoals/beyond2015.shtml

-        http://unsdsn.org/news/2014/02/14/public-consultation-on-indicators-for-sustainable-development/

L’Union Européenne fixe ses objectifs climatiques pour 2030

Le Président de la Commission Européenne a proposé, le 22 janvier, une feuille de route à l’horizon 2030 concernant la politique climatique de l’UE. Il s’agit pour chaque pays membre de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% par rapport au niveau de 1990, et de porter la part des énergies renouvelables dans la consommation finale énergétique à 27%.

Ce dernier chiffre, « contraignant » au niveau européen, ne serait assorti d’aucune obligation nationale, contrairement à l’actuel paquet énergie-climat qui encadre la politique climatique jusqu’en 2020. Ce plan, adopté en 2009, engage l’UE à diminuer ses émissions de 20 % par rapport à 1990, à porter la part des renouvelables à 20 % et à améliorer son efficacité énergétique de 20 % par rapport à un scénario business as usual de référence. D’autre part, une feuille de route à l’horizon 2050 a déjà été adoptée et implique de réduire les émissions européenne de 80 à 95%(selon le niveau des engagements des pays émetteurs hors UE), permettant à l’UE de prendre sa « part équitable » dans la lutte contre le changement climatique.

Le « Cadre stratégique pour 2030 en matière de climat et d’énergie » doit maintenant être validé par le Parlement européen et les gouvernements, ce qui loin d’être une formalité tant les divisions sont grandes entre les pays membres. Il s’agit pour l’Union Européenne – qui ne représente plus que 11% des émissions mondiales –  de rester la locomotive de la lutte contre le changement climatique en prévision de la Conférence des Nations Unies sur le Climat sensée aboutir à un accord international engageant tous les pays émetteurs en décembre 2015 à Paris.

Le désaccord est profond au sein de l’UE : six pays – Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie, Espagne, Pays-Bas – s’étaient prononcés pour un objectif d’au moins 40% de réduction d’émissions. A l’inverse, les pays du « Groupe de Višegrad » (Pologne, Hongrie, République Tchèque et Slovaquie) ont fortement milité pour limiter les ambitions de la Commission Européenne : ces pays considèrent la transition énergétique trop coûteuse au regard de leur dépendance au charbon ainsi que de leur volonté de développer le gaz de schiste.

La Commission a toutefois laissé la porte ouverte à un relèvement de ses ambitions, en fonction des efforts que feront les autres grands pays pollueurs.[1]